Deux poids, deux mesures ou quand la bien-pensance des médias sociaux frappe encore
Ce matin circule sur les médias sociaux le frontpage du Valleyfield Express. Le titre? Deux poids, deux mesures . La photo? 4 enfants, de jeunes filles en bikini qui s’apprêtent à sauter dans le lac. L’une d’entre elles, un peu craintive, se pinçant le nez, est assez overweighted.

T’auras compris que si la couverture du Valleyfield Express circule en masse sur Facebook ce matin, c’est bien pour souligner la maladresse dudit journal d’avoir titré “Deux poids, deux mesures” alors que sur la photo qui l’accompagne on peut y voir une petite grosse isolée des trois autres filles, qui, on peut le deviner, hésitera possiblement encore quelques minutes avant de faire le saut.
Pis là, on partage. On trouve ça drôle. On accuse. On tire profit de la gaffe des autres, comme d’hab. « On » étant des journalistes, des adultes, des personnalités. Mais tout c’temps, on oublie que le spotlight revient non seulement au photographe mais davantage sur une fillette, probablement déjà bien consciente de sa différence. On la sort de Valleyfield pis on l’envoie directement dans la yeule du tabarnack de loup.
Voilà maintenant une p’tite grosse, bédaine débordante, immortalisée sur le web, disposée à la raillerie et la pitié d’autrui. On peut critiquer le Valleyfield Express comme on le veut, mais sa version print du journal bénéficiait tout de même de l’avantage qu’on ne puisse y laisser de commentaires de crétin et aurait assurément terminé son périple au recyclage.
J’suis pas mal certain que votre câlisse de bien-pensance cause beaucoup plus préjudice à l’enfant dont il est question, à l’heure où on s’parle, que la gaffe pointée du doigt par tous, qui autrement, aurait possiblement échappé à l’attention de tous. Au contraire, vous lui donnez un méga-boost.
Je vous déteste.


