Coincé sur un high de La Petite Vie
Hier soir, dernier de 2011, tout juste après Infoman, j’me suis tapé les 30 premières secondes du Bye Bye qui m’apparaissaient suffisantes pour fermer ma télé pis aller faire autre chose. J’vais pas critiquer le Bye Bye. Premièrement parce que je ne l’ai pas regardé et deuxièmement, parce que j’suis pas du genre à m’acharner sur ce qui ne m’est pas destiné à la base. Du moins, j’essaie.
Olivier Lalande de chez Nightlife, dans ma revue de Détestage de fin d’année, a mis le doigt sur la raison principale qui m’amène à fermer la télé le 31.
« Plus besoin de Bye-bye le 31 décembre: on en a un 365 jours par année sur Twitter! Des tas de petits Gérard D. Laflaque s’empressent d’enchaîner les calembours désopilants sur l’actualité à mesure qu’elle se produit! »
C’est vrai. Dans les trente premières secondes que j’ai pu capter du Bye Bye, Véronique Cloutier mélangeait “honorée” avec “gonorrhée”. Y’a PERSONNE qui peut se permettre ce genre de joke là, chez le commun des mortels, sans s’faire regarder comme s’il venait d’exécuter la pire tentative d’être drôle de la terre.
Mais ça s’étend pas mal plus loin que ça. Rien qu’à regarder les derniers spectacles de Stéphane Rousseau ou Daniel Lemire.
La vérité c’est que les gens ont élevé leur propre standard personnel de blagues de mauvais goût quotidiennes. Quand on était âgés de 6 à 10 ans, on s’racontait les classiques jokes de “newfies” qui étaient tout sauf propres à notre génération. Maintenant, on est un peu resté coincé sur la formule de La Petite Vie. On est passé au next level en 1995, précisément. Même formule répétée over and over mais qui nous donne tout de même l’impression d’un renouvellement instantané à chaque fois puisque les blagues sont interchangeables. C’est comme ça sur Twitter, quand les gens commentent l’actualité. Toujours les pires esti de jokes de marde. Pis le plus triste dans tout ça c’est que les contributions des humoristes qui participent à ces jeux ne sont pas toujours celles qui se démarquent du lot.
Si le public est resté coincé sur un high de La Petite Vie depuis 1995, on ne peut le blâmer, il n’est pas payé pour nous faire rire, même s’il nous rend agressif. On s’dit quand même qu’il serait temps qu’il évolue. Maintenant, imaginons que certains humoristes arrivent à peine à le surpasser…
Sont-ils condamnés à être résidents permanents de l’année 1995 toute leur vie pour continuer de plaire à leur plus grand public? J’ose espérer qu’ils n’endossent pas totalement ce qu’ils font, ou mieux, qu’ils ne se trouvent plus drôles.
Si vous ne l’aviez jamais lu, je vous invite à lire un autre de mes billets qui explique ce qui ne fait plus rire ma génération depuis longtemps et pourquoi. Par ici.
Quoi qu’il en soit,
Je vous déteste.



