internet
Ma génération tue votre génération de marde en une seule vidéo
Babyboomers et idiot-lescents, je vous présente ma fucking génération, la plus fresh, celle qui est à mi-chemin entre le CD Player et les internets, celle qui a tout testé pour vous. Je suis né en 19-crisse-callisse-84 et j’ai tout connu, mieux que vous, réalisez-le. Réalisez-le, en voyant l’extrait du film de 1989, “The Wizard” qui met en vedette le PowerGlove et Super Mario Bros 3. Dans cet extrait, vous comprendrez mieux pourquoi certaines personnes (dont moi) PEUVENT, aujourd’hui, se permettre de croire qu’ils sont effectivement au dessus des gens normaux. Ça fait assez longtemps qu’on se retient pour le dire.
Prenez des notes et patientez parce qu’on n’a pas fini d’être cool. Captez les références et voyez de quelle façon nous avons grandi. Maintenant, vous comprenez mieux pourquoi Internet nous appartient. On vous tue dans’ face.
POUR TON INFORMATION BANANE, je te déteste.
LES DIX SUCCÈS REGRETTABLES DE LA DERNIÈRE DÉCENNIE

On a commencé cette décennie en force avec le fameux bug de l’an 2000, ensuite est venu l’attaque du World Trade Center, en 2001. Ces événements sont déjà bien loin derrière nous puisque nous célèbrerons la fin de la première décennie des années 2000’s. Je vous ai donc concocté une liste des succès regrettables qui se sont produit de 2000 à 2009.
LE PHÉNOMÈNE EMO

Au départ, il n’y avait que les early adopters qui s’identifiaient ainsi, coiffure et vêtements particuliers et de l’attitude de gothique à revendre. Ils étaient Emo, mais si on leur demandaient, ils ne l’étaient pas, mais rien que le fait de leur dire était flatteur pour eux. Les skaters et punk-rockers prenaient un plaisir fou à les mépriser, surtout à cette époque où le ska et le damier était dominant. Un violent combat entre la joie et la tristesse. Finalement, la tristesse l’emporta très rapidement. Les premiers à mépriser ont été les premiers à prendre le virage emo, c’était même eux les plus emo. Un succès très regrettable de la décennie.
Je déteste.
INTERNET

Internet, le plus grand succès de cette décennie, mais tout de même regrettable, du moins, pour cette décennie. Vers la fin des années 90’s, on disait d’Internet qu’il était l’avenir, je crois qu’en 2009, on peut confirmer qu’il est bel et bien l’avenir, pas le présent. On y est presque, mais pas encore. On connaît sa puissance et son étendue, plusieurs outils sont à notre disposition, reste à voir ce que nous en ferons. Les internautes devront arrêter de donner aux médias traditionnels et compagnies l’attention qu’ils veulent, les choses devront se faire d’elles-mêmes, les vidéos virales devront vraiment l’être, les rumeurs devront être rapidement vérifiées et démenties lors d’un manque de sources crédibles, les blogueurs devront générer plus de contenu original et cesser de copier-coller l’information provenant des médias traditionnels. Internet c’est l’alternative, c’est nous, soyons nous et non une copie d’eux.
Le plus grand échec d’Internet, c’est d’avoir laissé croire à la population mondiale qu’elle est libérée du mensonge, qu’elle peut maintenant détecter un complot en restant assise devant son écran, qu’elle ne peut plus se laisser avoir, qu’elle connaît toute la vérité. Si les médias traditionnels modifient l’information à partir de faits vérifiables, alors Internet désinforme à partir d’aucune base concrète, à la vitesse de la lumière.
Succès prometteur, mais regrettable pour cette décennie.
Je déteste.
L’ÉPOQUE DOLLARACLIP

Cette ex-émission de Musique Plus, animée par Louis-José Houde, qui a particulièrement relancé la carrière de D-Natural nous aura fait bien rire durant ces quelques années en nous présentant les pires vidéoclips du répertoire musical de la station. Louis-José nous aura appris qu’on peut se faire connaître même si on manque de talent et malheureusement, plusieurs l’ont pris au mot, puisqu’aujourd’hui, on ne les regarde plus de travers ces artistes-clowns, non, on leur glisse sous la table une carte V.I.P qui leur donne droit à une couverture médiatique complète, comprenant la radio, les journaux, les festivals, les blogues et tout ce qui vient avec. Un autre succès regrettable de cette décennie 2000-2009, qui affectera malheureusement le début de la seconde décennie qui s’amorcera en 2010.
Je déteste.
DIAM’S

La rappeuse Diam’s, succès énorme au Québec, et je l’avoue, j’en étais surpris. C’est en observant les MSN et status facebook des filles que j’ai tout compris. C’est un espoir pour les grosses et les laides, c’est un modèle pour les filles qui se croient fortes, c’est un second souffle pour celles qui ont été trompées, celles qui jurent ne plus jamais se laisser piler sur les pieds. C’est ce genre de femme qui laisse les plus faibles d’entre elles dans le mensonge et les fausses illusions. Un des pires succès de la décennie.
Je déteste.
LA PAGETTE

La pagette, (télé-avertisseur) dont le nom sonne homosexuellement mal, a été le « en attendant » du téléphone cellulaire. Qui ne se rappelle pas des fameux codes? 696969 ou 911. À cette époque, les cabines téléphoniques étaient encore utilisées. Au départ, le télé-avertisseur était exclusivement pour les pushers et frais-chier, jusqu’à ce que la folie rattrape tout le monde pendant seulement deux ou trois années. Un succès évidemment temporaire et regrettable.
Je déteste.
LE REDBULL

Les boissons énergisantes, je n’ai jamais vraiment compris le phénomène. Personnellement, j’ai une meilleure alternative…dormir. Le Redbull n’a jamais eu d’effets sur moi, même si on m’a dit que dans certains cas, deux ou trois canettes sont nécessaires pour voir les effets apparaître. Le téléphone cellulaire et Internet sont des inventions nécessaires dont on ne pourrait se passer, mais le Redbull? Êtes-vous vraiment incapable de bien fonctionner au travail sans en avoir avalé? Le pire, c’est que ces boissons étaient déjà disponibles sur les tablettes de votre dépanneur du coin depuis les années 90’s, sans même attirer votre attention. Un succès inutile et regrettable.
Je déteste.
LE FURBY

La peluche intelligente, celle qui comprend tout ce qu’on lui dit, celle qui répètera tous les mots qu’on lui apprendra, éventuellement. Le perroquet format Gremlin. Légende urbaine? Comment le savoir? Le phénomène n’aura jamais duré assez longtemps pour qu’on puisse le confirmer. Succès regrettable.
Je déteste.
LES TÊTES À CLAQUES / BRICE DE NICE

Les deux plus grands générateurs de malaises en société. Quand les Québécois aiment, ils aiment pour la peine et ne décrochent pas si facilement que ça. Combien de fois avons-nous frissonné en entendant une des phrases suivantes? « Hey Johnny Boy! Comment c’qui va mon Johnny Boy? », « Toi, t’es comme le H de Hawaï…tu sers à rien! J’t'ai cassé! », « Hey mon ami! T’aimes tu ça manger des patates? » La réponse: Trop souvent. Un concept comme les Têtes à Claques n’aurait pas eu le même succès sous un autre format, merci à sa formule fast food, web et virale. Succès agressant et regrettable.
Je déteste.
LE RAP

Le rap n’a pas toujours été présent dans nos vie, le grand public l’a longtemps boudé et méprisé avant qu’il puisse obtenir la popularité qu’il a maintenant. Pensons au collectif 83, ils en ont bavé une shot, alors que le punk/ska dominait nos lecteurs CD, au Québec. Les amateurs de rap étaient marginalisés en début de décennie, mais tout ça n’a pas duré très longtemps, Eminem a préparé le terrain alors que 50 Cent a tout confirmé, le rap est à la mode et à grande échelle. Il a fait beaucoup de ravage depuis dix ans, aujourd’hui, grâce à lui, nous pouvons identifier les déchets de la société qui élèvent huit enfants à la fois ,vêtus de babyphat collection 2001 et le wannabe-gangsterisme ne cesse d’augmenter, les blancs seraient prêts à tout pour être dans la peau d’un jeune Haïtien. Les messages de révolte ont complètement disparus dans les chansons, tout est dilué et sans pertinence, il n’est rien d’autre qu’un divertissement. Ce qui aurait dû être la voix du peuple n’est maintenant qu’un autre succès regrettable de cette décennie.
Je déteste.
LES FRÉQUENTATIONS

Fréquenter quelqu’un. Avoir une fréquentation. C’est tellement 21è siècle. Les niaiseuses ne sont plus mélangées maintenant, elles fréquentent. C’est la période transitionnelle entre la rencontre et la relation de couple, généralement, les filles stables n’ont pas recours à cette expression ridicule. Un succès qui mène souvent à l’échec, regrettable.
Je déteste.
Internet sur un piédestal
Ces temps-ci, on dirait que tout ce qu’il y a sur Internet, c’est de la magie, pourtant, tout ce qui y entre, provient de la réalité, souvent des trucs banals qui deviennent tellement cool, à cause de son format simple, court et pour emporter. Je déteste.
Avec des émissions comme Clip Dub, à Musique Plus, on donne une demi-heure complète à des personnages insignifiants du web qui dansent et chantent d’une manière loufoque, bref, l’équipe de sélection n’est pas très sévère, on peut voir n’importe quoi, tout le monde peut avoir son deux minutes de gloire, à condition de faire n’importe quoi. On ne parle même pas d’internet Memes, mais bien de n’importe qui à travers le monde, qui a tombé sous la main de l’équipe. On choisi un thème, exemple; Country, et on rempli la demi-heure avec n’importe quel crétin qui a pu faire une vidéo avec un chapeau de cowboy et un banjo, N’IMPORTE QUEL. C’est-à-dire, si j’ai fais une vidéo de moi qui fausse, en 2006, et que je suis au fin fond du Texas, on pourrait me contacter pour me dire qu’une station de télévision du Québec a décidé de diffuser ma vidéo, qui ne compte que 300 visionnements en trois ans, sur youtube. Fucking nice, on est en avance en crisse sur le reste de la planète!!! Not. J’ai toujours un malaise à voir Rej Laplanche patiner pour expliquer la pertinence des vidéos.
Du coté de Vlog, à TVA, on voit souvent du Stop Motion, des dudes qui sautent en parachute et des trucs sans intéret comme on nous donnait à Canal Famille entre chaque émission, genre, une visite rapide d’une usine à chips. Soudainement, rendu sur internet, c’est tellement interressant, tout le monde veut être le premier à faire découvrir la vidéo qu’il a trouvé sur Stumble Upon…
Lady Gaga et son pénis
Mais quelle rumeur ridicule! J’ai pu assister à la racine de celle-ci, alors qu’elle n’avait pas encore faite le tour du monde, on se basait sur une fraction de seconde d’une vidéo floue lors d’un spectacle, tout ça, accompagné d’une citation de Lady Gaga elle-même, dans une description sur youtube, provenant d’aucune source crédible, qui affirmait vivre avec un pénis et un vagin. Du coup, je me suis dis que ça ne passerait jamais, j’en étais même très indifférent. Une semaine plus tard, tout le monde en parlait! Les médias embarquent dans n’importe quoi, ils accordent une crédibilité beaucoup trop importante à ce qui se passe sur internet, mais surtout, ils veulent tous s’adapter au Web 2.0!
Tant qu’à ça, médias traditionnels, continuez de faire vos trucs comme vous les faisiez avant, puisque la source d’information la plus crédible des internautes, c’est vous. On s’abonne aux fils RSS de Cyberpresse pour se tenir informé des nouvelles au Québec et on flash 12 heure d’avance sur la population. Le reste, c’est de la marde, vraiment, ça n’arrive pas souvent que je puisse dire qu’un blogueur m’a informé, s’il ne signe pas son article accompagné d’une source, je n’en crois pas un mot.
Internet c’est un excellent moyen pour découvrir de nouveaux talents, commenter l’actualité, agrandir son réseau social, apprendre, découvrir, partager, mais depuis quelque temps, n’importe quoi devient magique aussitôt qu’il est sur le web, on oublie vite de filtrer, il n’y a plus de sélections naturelles, on a tous envie de participer à quelque chose, alors on impose des phénomènes fabriqués de force, au reste de la population.
On sait tous que c’est ridicule, mais tout le monde a quelque chose à y gagner, alors tout le monde se la ferme. En passant par le blogueur qui rêve d’être cité par Dominic Arpin, jusqu’aux avant-gardistes de Twitter qui ne demandent qu’à participer à ces phénomènes. Ensemble, on peut créer quelque chose……au plus grand bonheur des agences de pub qui ciblent les 18-24 ans universitaires branchés et des directeurs marketing de corporations qui espèrent réussir à intégrer le web 2.0, vous leur rendez la tâche tellement facile. Après que quelques 200 personnes en aient parlé, c’est assez pour que les médias puissent qualifier ça de stunt, donc c’est une mission crissement réussie, pour une compagnie qui a investie un maigre budget pour faire parler de son nouveau produit.
Ouais, ridicule comme ça.
Je déteste.


