LA GUIGNOLÉE
Parlez-moi de donner de l’argent aux pauvres pendant le temps des fêtes et c’est presqu’un oui. Parlez-moi de la même chose tout au long de l’année et je vous ignore. C’est drôle, quand on me parle de Noël, j’ai cette image de la bonne vieille famille démunie qui garde le moral malgré tout, qui se réunie devant le sapin pour réveillonner et déballer des cadeaux dénichés chez Dollarama, le sourire aux lèvres, sans se soucier de la valeur monétaire. J’ai cette image des familles qu’on voit dans les films de Noël, et moi, quand je donne, je donne à ces familles-là, parce que les pauvres dans les films ont toujours les valeurs à la bonne place.
Mais la réalité est toute autre chose, parce que les pauvres c’est surtout le monde chiant et révolté qui en veut à la planète entière de ne recevoir que le minimum tout en ne donnant que le minimum d’effort. C’est ma grosse crisse de voisine pas propre qui engueule chacun de ses dix enfants à chaque quinze minutes de la journée, et c’est aussi son pas de colonne de mari qui a abandonné depuis longtemps l’idée de s’opposer à sa grosse dégueulasse. C’est tous ceux qui ont accès à Internet, mais qui au lieu de s’enrichir s’en servent exclusivement pour faire des quiz sur facebook, se contentant d’une orthographe d’école primaire. C’est tous les clichés populaires des crottés qu’on déteste tout au long de l’année.
Alors, si on me demande ce que j’en pense vraiment, mon opinion ne diffère pas des autres saisons, les pauvres méritent de manger la marde qu’ils mangent. Je n’ai pas envie d’aider ces gens, même si je sais qu’il existe quelques familles qui le méritent vraiment, mais eux je ne les appellerai pas « des pauvres », mais des débrouillards.
Je vous déteste, mangez…rien, comme d’habitude.

