Le soir où le SPVM nous a tout confirmé
Mercredi 23 mai 2012, à quelques minutes de la manifestation, Jean Barbe diffusait le communiqué d’une source anonyme qui nous mettait en garde qu’il y aurait des arrestations massives. Et pour ce faire, qu’on avait dû assigner plusieurs policiers de régions.

Après avoir lu le message, vers 20:00, je me suis déplacé jusqu’au quartier général du SPVM, histoire de vérifier et relater qu’il y avait effectivement un plus grand nombre de policiers dans le stationnement. Trop tard, déjà tous sur place. C’est seulement quelques minutes plus tard que j’ai su que la manifestation venait d’être déclarée illégale avant même qu’elle ne soit démarrée.
Pendant ce temps, sur twitter, le SPVM nous indiquait, comme à son habitude, que la manif était désormais illégale bien que toutefois, les gens pouvaient marcher à condition de respecter les directives données. Il nous tweetait en temps réel tous les détails, le trajet, bref, un soir comme tous les autres qui laissait présager tout sauf le pire.

Puis, le pire est survenu. 450 tabarnack d’arrestations, accompagnées d’amendes salées issues de la loi spéciale (on nous jure que non), et ce, seulement à Montréal. Je n’y étais pas, alors j’éviterai de m’avancer sur le climat. Par contre, j’ai tout vu à la télé. Tout suivi sous le hashtag #manifencours. Des journalistes pris en otage se sont vus interdire de faire leur travail. On m’a informé qu’à Québec on parlait de 170 détentions.
Après avis de dispersion, les gens étaient pris dans la souricière. Des manifestants l’ont dit. Des journalistes sur place aussi. Encore mieux, je l’ai vu à la télé. On a même vu CUTV ne pas pouvoir partir. Stratagème malhonnête courant du SPVM. Ils demandent de quitter, question de pouvoir justifier le désastre qu’ils se sont payés, le lendemain matin en point de presse, pis ils te prennent au piège entre quatre murs d’humains armés autorisés à t’en crisser une avec ou sans motif. C’est comme ça qu’ils ont procédé aux arrestations massives.
L’informateur anonyme avait donc raison.
Qu’ils décident d’appliquer la loi 78 ou celle du maire Tremlay, ok. Ils obéissent. Mais qu’ils s’y adonnent avec autant de mauvaise foi et fourberie, c’est inadmissible. Tout était PRÉVU. Un des vôtres a snitch votre plan! Vous avez même eu l’audace de nous transmettre par l’entremise des médias sociaux que tout allait bien, que la manifestation allait être tolérée, puisque festive et pacifique.
Appliquer une nouvelle loi alors qu’on nous laissait entendre que tout était beau.
Qu’il y ait eu quelques casseurs ne pourra en aucun cas justifier le beau coup que vous nous avez préparé. Vous l’aviez anticipé et quoi qu’il se serait passé, votre plan avait pour rôle d’être mis à exécution, no matter what.
Mercredi, 23 mai 2012, une source anonyme nous prévenait qu’il y aurait arrestations massives. Arrestations massives il y a donc eu.
Vous nous avez crissé la loi Tremblay dans l’dos à coups de jackknife alors que notre garde était baissée. Vous n’êtes plus dignes d’exercer ce métier, qu’importe l’esti de MARDE que vous nous balancerez à la télé au courant de la journée. Pis crisse, considérez-vous choyés que dans ce billet je fasse abstraction de toute la violence gratuite, l’abus de pouvoir et l’intimidation que vous avez exercés sans motif sur des gens pacifiques durant les derniers jours. Les témoignages s’accumulent, les vidéos qui le prouvent aussi. Vous avez trouvé le moyen de violer TOUS les articles du code de déontologie.
État policier en tabarnack.
PS: Arrêtons d’encourager la personne derrière le compte twitter du SPVM. Tu collabores, t’endosses, POINT. Ouvrez des pages Facebook visant à lui trouver un nouvel emploi s’il le faut, mais de fucking GRÂCE, cessez de lui lancer des fleurs.
Je vous déteste.


