Tuer et enterrer le "Je re"
La première fois que j’ai entendu quelqu’un dire “Je re“, c’était sur la plateforme de chat 2D “The Palace”, en 1998. Je détestais ça, ça s’éloignait trop de la réalité. De vive voix, “Je re” est une des choses les plus désagréables à entendre. J’avais toujours envie qu’une personne qui “Je re” ne revienne pas pour ne pas avoir à subir le malaise du “Re” de retour.
Finalement, il était déjà bien installé et prêt à accueillir les subventionnés du programme gouvernemental “Brancher les familles”. Aussitôt branchées, elles adoptaient déjà le LOL et le “Je re”, sur Mirc, Caramail, ICQ ou MSN. Certains ne semblaient pas trop savoir quand leur “Je re” devait arriver à expiration. – Quand ça fait 24h et que tu reviens d’une nuit de sommeil, t’es mûr pour un “Salut”, mon ami. -
“Je Re” c’est une des exceptions parmi les mardes à ne pas être passées dans le filtreur. Il est le seul dans sa catégorie. On n’a jamais dit “Je Man”, “Je do” ou “Je pa”. Il a maintenant plus de dix ans et je le croise encore à l’occasion. Il est né par la paresse et est maintenu en vie par les petites vieilles qui ne tapent qu’à un doigt ou les porteuses de “Babyphat” qui te demandent si “Sa va”. Heureusement, le temps réel permet un peu moins ce genre de choses, même si j’ai déjà pu l’apercevoir sur Twitter (WTF les matantes!). Pour vrai, les dernières personnes qui utilisent encore cette honteuse abréviation, il est temps de la laisser entre nos mains pour qu’on la tue et l’enterre pour de bon. “Re” en paix.

